En 2026, le Syndicat de la Construction Métallique de France (SCMF) souffle ses 140 bougies et dévoile son baromètre annuel. Après une décennie de croissance régulière, la filière acier marque un coup d’arrêt en 2025. Pourtant, jamais la construction métallique n’a été aussi stratégique pour la décarbonation du bâtiment, la réindustrialisation des territoires et la souveraineté industrielle française. ANDO, bureau d’études structures métalliques et bois certifié OPQIBI, vous livre son analyse de ce baromètre 2026.
1. Le baromètre 2026 du SCMF : une filière sous tension mais résiliente
Le SCMF, qui fédère l’essentiel des entreprises françaises de construction métallique, a présenté son baromètre 2026 lors d’une conférence de presse très attendue. Le secteur, qui a enregistré un chiffre d’affaires de 4 milliards d’euros en 2024, a connu une inflexion en 2025 avec une baisse estimée à 3,69 % du chiffre d’affaires. Le tonnage d’acier mis en œuvre s’établit entre 740 000 et 760 000 tonnes, contre 773 365 tonnes l’année précédente. Ce ralentissement, anticipé par le président du SCMF Emmanuel de Laage dès février 2025, s’explique par un climat d’investissement difficile et des délais de prise de décision plus longs de la part des maîtres d’ouvrage. Pour autant, la filière conserve des fondamentaux solides : les exportations représentent toujours 5 à 10 % du chiffre d’affaires total, et la productivité industrielle continue de progresser grâce à l’automatisation des ateliers. Comme nous l’évoquions dans notre précédent article sur la RE2020 et l’acier de réemploi, la filière explore de nouvelles voies pour conjuguer performance économique et transition écologique.

2. Répartition par segments : les bâtiments industriels toujours en tête
La répartition de l’activité de la construction métallique reste fidèle aux grandes tendances du marché. Les bâtiments industriels continuent de dominer largement, représentant plus de 60 % du tonnage. Les ouvrages non résidentiels — supports photovoltaïques, bâtiments commerciaux et bâtiments sociaux — ont vu leur part légèrement augmenter, signe d’une diversification maîtrisée du secteur. En revanche, les ponts et passerelles enregistrent une baisse d’activité, tandis que le segment des bâtiments agricoles et silos fléchit à 11 % du tonnage global.
Répartition du tonnage par segment en 2025
- Bâtiments industriels — plus de 60 % du tonnage, moteur historique de la filière
- Ouvrages non résidentiels — supports photovoltaïques, bâtiments commerciaux et sociaux (en hausse)
- Bâtiments agricoles et silos — 11 % du tonnage global (léger fléchissement)
- Ponts et passerelles — segment en recul
| Indicateur | 2024 | 2025 (est.) |
|---|---|---|
| Chiffre d’affaires filière | 4,0 Md€ | 3,85 Md€ |
| Tonnage mis en œuvre | 773 365 t | 740 000 – 760 000 t |
| Évolution du CA | Stable | – 3,69 % |
| Taux d’utilisation des capacités | 75 % | 76,6 % |
| Exportations (% du CA) | 5-10 % | 5-10 % |
| Effectifs (évolution annuelle) | + 1,4 % | + 1,4 % |
3. « Génération Métal » : les 140 ans du SCMF comme tremplin
L’année 2026 marque un tournant pour le syndicat qui célèbre ses 140 ans d’existence. Sous la bannière « Génération Métal », le SCMF a dévoilé un programme ambitieux visant à repositionner la construction métallique au cœur des enjeux contemporains. Parmi les temps forts : l’exposition immersive « Eiffel immersif » aux pieds de la Tour Eiffel, la publication d’un ouvrage de référence retraçant 140 ans d’innovations, et le Congrès SCMF 2026 à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine à Paris les 25 et 26 juin. Ce congrès a réuni les principaux acteurs de la filière autour des thématiques de la construction durable et des innovations en matière de matériaux. Ces réflexions font écho à notre article sur le BIM et les structures mixtes métal-bois, qui illustrent parfaitement l’innovation au service de la construction durable.

4. Productivité et innovation : les atouts de la filière acier
Malgré un contexte de ralentissement, les entreprises de construction métallique — majoritairement des PME et ETI familiales — continuent d’investir massivement dans l’innovation. L’automatisation des processus de production, l’industrialisation des méthodes et l’adoption des outils numériques (BIM, CFAO, robotisation) permettent de maintenir une productivité élevée. Le taux d’utilisation des capacités de production a ainsi atteint 76,6 % au dernier trimestre 2025, en légère progression. Le marché de l’emploi suit la même tendance : les effectifs du secteur ont augmenté de 1,4 % en 2024, notamment dans les métiers d’atelier et de chantier. La construction métallique française peut également compter sur un tissu de bureaux d’études techniques spécialisés, comme ANDO, qui apportent leur expertise en calcul de structures, notes de calcul Eurocodes, plans d’exécution et modélisation 3D/BIM.
« Décarboner le bâtiment, réindustrialiser les territoires, produire plus vite, mieux et durablement : l’industrie française de la construction métallique se veut au cœur de toutes les solutions d’avenir. »
5. Les défis réglementaires et environnementaux
La construction métallique doit aujourd’hui composer avec un cadre réglementaire exigeant, entre la RE2020 qui durcit ses exigences environnementales, les Eurocodes de seconde génération en cours de déploiement, et la pression croissante pour une décarbonation de la filière. Le SCMF appelle les pouvoirs publics à une politique claire, cohérente et stable, capable de sécuriser l’investissement et d’encourager l’innovation. La construction hors-site (préfabrication en atelier), l’acier de réemploi, et les solutions hybrides acier-bois sont autant de pistes explorées par les acteurs de la filière pour répondre à ces défis. Le Congrès SCMF 2026 a d’ailleurs mis un accent particulier sur ces thématiques, avec des retours d’expérience concrets de chantiers exemplaires.

💡 Verdict ANDO : Le baromètre 2026 du SCMF confirme que la construction métallique française traverse une phase de transition, mais ses fondamentaux restent solides. Avec 140 ans d’expertise derrière elle et des perspectives de croissance liées à la décarbonation et à la réindustrialisation, la filière acier a tous les atouts pour rebondir. En tant que bureau d’études certifié OPQIBI, ANDO accompagne chaque jour ses clients — architectes, maîtres d’ouvrage, collectivités et industriels — dans la conception et le calcul de structures métalliques et bois, conformes aux Eurocodes et aux dernières exigences normatives. De Lille à Marseille, nos ingénieurs mettent leur expertise au service de vos projets, de la note de calcul à la modélisation BIM.
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